La violence, encore la violence, mais… !

Depuis quelques temps, dans notre pays,le thème de la violence occupe une place prépondérante dans notre quotidien.Il s'invite dans tous les moments de notre vie,au point d'apparaitre,pour certains,comme le problème majeur du pays.

C ertes, cette médiatisation exacerbée des actions violentes s'appuie sur une réalité qu'on ne saurait méconnaitre : l'augmentation des homicides, des faits violents crapuleux ou non, des agressions physiques de toutes natures, avec une forte proportion de violences conjugales. Partant de là, on constate, on s'émeut, on dénonce, on condamne, on a peur, on cherche à se protéger en réclamant plus de présence policière, plus de moyens de répression, plus de sévérité de la part des tribunaux, plus de mesures répressives… Mais on observe une très grande discrétion autour des causes, des racines, de ce qui génère la violence dans notre pays. Pourtant, nous sommes capables de réfléchir sereinement sur la situation rée lle de la Guadeloupe. Alors d'où viennent ces freins qui nous empêchent de mettre le doigt où ça fait mal, et d'analyser sans fard, ni surenchère le réel guadeloupéen ?

Nous disons tous «qu'il faut lutter contre la violence», alors allons-y , «autant que nous sommes !»

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Mais pour combattre sérieusement un «MAL», il faut connaitre sa nature, son origine, ses effets, ses caractéristiques propres. Il faut connaitre ce qui se fait ailleurs sur le sujet, ce qui est considéré comme facteurs favorisants et ce qui a donné des résultats positifs dans la lutte déjà engagée contre ce «Mal». Avec tout cela, il est indispensable de se pencher sur le quotidien de nos compatriotes, de sonder leur cœur et leur conscience pour connaitre leurs besoins, leurs aspirations profondes, leur vision du monde, leur projection sur l'avenir…

Certes il y a des professionnels qui agissent dans ce domaine pour des objectifs divers, et les résultats de leurs recherches constituent des indications qui peuvent étayer la réflexion des uns et des autres. Aujourd'hui, nous pouvons considérer que bon nombre de Guadeloupéens disposent d'un minimum de connaissance sur le sujet de la «violence» et qu'ils ont les moyens de s'en informer cor rectement.

Alors, quelle est cette fumée qui brouille notre vue et paralyse notre cerveau au point d'annihiler notre jugement d'hommes et de femmes sains de corps et d'esprit ?

Attention !! Soukwé nou ! Rèpwann sans' an nou ! Nous n'avons pas besoin d'être férus de psychologie, de sociologie ou de politique pour comprendre l'essentiel de ce phénomène qui constitue un véritable fond de commerce pour certains.

Et si enfin, nous décidions de quelques changements au niveau du pays ? Par exemple :

• Réduire la publicité sur les faits de violence au niveau de la simple et nécessaire information du public.

• Communiquer très largement en valorisant ce qui se fait de positif dans le pays et cela dans tous les domaines ;

• Utiliser la puissance médiatique pour encourager la créativité, l'effort, le travail productif, pour faire connaitre ce que nous avons de meilleur en nous et chez nous.

• Faire une large place aux travailleurs sociaux pour qu'ils apportent leur aide aux familles les plus fragilisées. Mais en même temps, développer la responsabilité de chaque citoyen sur son lieu de vie.

• Faire vivre au quotidien la vraie solidarité dans les quartiers ; Aider, pas seulement matériellement, mais aussi psychologiquement et socialement ceux qui ont du mal à vivre.

• Se dire que l'on gagne, que le pays gagne, quand on consacre un peu de son temps, de son énergie, de son savoir faire, à des jeunes qui ont besoin d'êtreentourés.

• Restaurer l'école dans son rôle formateur . En faire une école de la responsabilité et de l'engagement, ouverte sur la vie, quiense igne le respect mutuel, l'estime de soi ; une école qui établit un véritable partenariat «gagnant/gagnant» avec les parents.

• Enseigner gratuitement les arts martiaux, et les techniques de self défense dès le jeune âge pour donner au plus grand nombre, et surtout aux filles, les moyens de se défendre face à une agression physique.

• Aborder les problèmes de la toxicomanie avec profondeur et réalisme. Sans les détacher de la situation économique et sociale du pays, du mal-être grandissant, de la déstructuration de la cellule familiale et des comportements violents, mais toujours avec la volonté d'arracher nos enfants de l'enfer de la drogue.

• Contribuer dans toute la mesure de nos possibilités à l'éducation populaire dans les quartiers ; Aider les hommes et les femmes à comprendre les mutations sociologiques intervenues depuis ces dernières décennies, et la nécessité pour chacun d'arriver à des compromis acceptables pour une vie de couple apaisée et profitable à tous. • Renouer avec une certaine sagesse et une clairvoyance héritées de nos grand-mères : reconnaitre assez vite les tendances négatives de son partenaire et tenter d'y remé dier ; savoir refuser l'inacceptable tout en considérant que souvent, un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès.

• Livrer une véritable bataille contre le chômage, la précarité, le mal-vivre, la perte de l'estime de soi. Encourageons nos jeunes quand ils réussissent, mais évitons de stigmatiser et de décourager ceux qui ne réussissent pas dans le contexte actuel ; au contraire trouvons leur des points forts sur lesquels ils pourront s'appuyer pour réussir à leur manière.

Tout cela nécessite des qualités de cœur , une vision objective de la société dans laquelle nous vivons, mais aussi l'amour de son pays, le sentiment très fort que nou s formons un peuple avec des droits inaliénables et des devoirs impérieux. De tels comportements ne pourront prendre pied dans notre pays sans entrainer le rejet clairement exprime de la situation politique actuelle qui condamne le pays au déclin économique et le peuple guadeloupéen à l'impuissance totale dans la prise de responsabilité concernant son avenir .

Lutter contre la violence en Guadeloupe, c'est avant tout responsabiliser les Guadeloupéens ; C'est viser à supprimer les principaux facteurs qui génèrent des situations de mal-être, qui créent ou entretiennent la pauvreté, la précarité, la pwofitasyio n. C'est une responsabilité fondamentale qui dépasse de très loin les capacités des citoyens, fussent-ils hyper nombreux et dévoués.

Mais, si les citoyens les plus conscients commencent par des actions à leur portée, ils montreront le chemin à l'aide d'exemples concrets. Ils entraineront ceux qui n'y croyaient pas, mais surtout, feront tomber les masques de ceux qui jouent «aux pompiers pyromanes», en alimentant des peurs, des angoisses, des situations dommageables qu'ils ne sont plus en mesure de gérer .