Nouveau recul du climat des affaires

L'indicateur du climat des affaires (ICA) se dégrade à nouveau au deuxième trimestre 2013 pour le cinquième trimestre consécutif.En baisse de près de 9 points par rapport au trimestre précédent,il s'établit bien en deçà de sa moyenne de longue période (-18,6 points) et tombe à son niveau du troisième trimestre 2009.

C ette diminution s'explique surtout par les anticipations pessimistes des chefs d'entreprise pour le trimestre àvenir , notamment sur leur activi - té et les délais de règlement de la clientèle. La trésorerie est également jugée dégradée et devrait rester mal orientée le trimestre prochain.

La consommation des ménages affiche quelques signes de redressement au deuxième trimestre, entrainant une reprise des échanges extérieurs. En revanche, l'investissement des entreprises s'essouffle. Au niveau sectoriel, le bilan est miti- gé : si les professionnels des sec- teurs des services marchands et du tourisme notent une amélioration de l'activité, le secteur du commerce poursuit sa dégradation et le BTP reste en souf fran - ce. Le manque d'optimisme des chefs d'entreprise pèse sur l'activité et les anticipations pour le prochain trimestre sont orientées à la baisse.

Légère baisse de l’indice des prix

À fin juin, l’indice des prix à la consommation enregistre une diminution (-0,6% après +0,6% au trimestre précédent)

. Cette évolution s’explique principale - ment par une diminution du prix des services (-1,3%), notamment ceux des transports et des communica - tions (-2,9%). L’évolution des prix de l’énergie (-3,6 %) contribue également à la bais - se des prix mais dans une moindre mesure.

En glissement annuel, le rythme de croissance des prix ralentit à +1, %, contre +1,9% au trimest - re précédent. Cette augmenta- tion est portée par la hausse du prix de l’alimentation (+2,7 %), des services (+1,0 %) et des pro- duits manufacturés (+0,4%) tandis que les prix de l’énergie reculent (-0,8%).

Redressement en demi-teinte de la consommation des ménages

Au deuxième trimestre, la consommation des ménages montre quelques signes d'amélioration qui ne compensent pas la baisse enregistrée au trimestre précédent. Les importations de produits agroalimentaires, qui consti- tuent près de la moitié des produits importés à destination des ménages, se redressent (+5,9%, CVS) après le coup de frein survenu au trimestre précédent (10,8%, CVS). Les importations de biens de consommation courante progressent de 3,2% sur le trimestre (CVS) et se situent à un niveau élevé. En revanche, les importations de biens d'équipement du foyer sont en léger retrait (-0,6%, CVS).

L'encours des crédits à la consom- mation des ménages se contracte légèrement (-0,4% par rapport au trimestre précédent et -0,7 % sur un an). Les chefs d'entreprise du secteur du commerce font état de la poursuite de la dégradation de leur activité.

Les indicateurs de vulnérabilité des ménages évoluent de manière contrastée. Les retraits de carte bancaire sont en nette hausse sur le trimestre (+15,6%) et sur un an (+40,9%). Cependant, le nombre de personnes physiques en inter- dit bancaire diminue sur le trimestre (-0,8%) ainsi que les inci - dents de paiement par chèque (1,2%) et le nombre de dossiers de surendettement déposés (1,5%).

LA PLUPART DES SECTEURS RESTENT MAL ORIENTÉS

Selon les premiers résultats de l'enquête de conjoncture, l'activité se dégrade à nouveau au deuxièm

e trimestre 2013, toute- fois moins nettement qu'au tri- mestre précédent. La hausse des charges d'exploitation et l'allon - gement très sensible des délais de paiement de la clientèle pèsent sur la trésorerie des entreprises, qui continue de sedétériorer . Les ef fectifs restent stables mais les prévisions de recrutement sont orientées à la baisse pour le prochain trimestre. Les chefs d'entreprise antici - pent une activité en net repli au troisième trimestre ainsi qu'une dégradation marquée des délais de paiement de la clientèle.

L'activité dans le secteur primai- re et de l'agroalimentaire est jugée en baisse par les professionnels rompant avec la ten - dance haussière des trois der- niers trimestres. Après un premier trimestre très dynamique, les exportations de produits agroalimentaires enregistrent une diminution à fin juin.

L'activité se comprime dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Les chefs d'entreprise font état d'un cou- rant d'affaires significativement en retrait. Les ventes de ciment sur le marché local marquent le pas (-6,6% en variation trimestrielle et -4,8% sur un an, don - nées brutes). Le nombre de logements autorisés à fin juin diminue et s'établit à 2 190 unités pour le 1er semestre 2013 contre 2 219 au cours de la même période en 2012. Conséquence de la faiblesse de l'activité, les effectifs salariés du BTP reculent de 3,6% sur un an. Selon les profes- sionnels, les conditions climatiques ont été défavorables au secteur mais c'est principale - ment le manque de nouveaux chantiers qui a pesé sur le secteur du BTP . Les dirigeants d'entreprise sont très pessi- mistes sur l'évolution de leur courant d'affaires au cours des prochains mois et anticipent une baisse aussi forte que celle du 1er trimestre 2009. Les difficultés de tréso- rerie devraient encore s'ac- centuer en lien avec l'allongement des délais de paiement.

Dans les industries manufactu - rières, l'activité demeure mal orientée. L'évolution des principaux soldes de gestion (charges, délais de paiement, trésorerie, effectifs et prix) est négative et les prévisions des chefs d'entre- prise du secteur sont majoritaire- ment pessimistes.

L'activité dans le secteur du com- merce poursuit sa dégradation et les prévisions sont plutôt défa- vorables pour les mois à venir. Le marché automobile se détériore. Le nombre de véhicules neufs immatriculés (3 459) a de nouveau diminué (-7% par rapport au trimestre précédent) se rapprocha nt de ses plus bas niveaux enregistrés durant la crise de 2009.

Dans le secteur des services mar- chands, si l'activité se relève, les prévisions des chefs d'entreprises sont pessimistes pour le troisiè - me trimestre. La trésorerie ainsi que les délais de paiement conti - nuent de se dégrader.

Les avis des professionnels du sec- teur du tourisme sont majori - tairement positifs sur l'activité du trimestre écoulé. À l'aéro - port Pôle Caraïbes, le trafic de passagers (hors transit) est en hausse de 2,2% sur le trimestre (CVS) et de 5,4% sur un an (CVS). La saison des croisières 2012-2013 qui s'est achevée au mois d'avril af fiche de bons résul- tats avec 6 000 passagers de plus accueillis au cours de la saison (soit +3,1% par rapport à la saison précédente).

La fréquentation des hôtels homologués demeure élevée même si les clients séjournent moins longtemps. Le taux d'occupation moyen des hôtels classés pour les mois d'avril et mai (à 58%) s'améliore d'un point par rapport à la même période de 2012 mais le nombre de nuitées reste quasiment stable (+0,1%).

Source :Note expresse sept.2013 - IEDOM