Les élections passées revenons aux fondamentaux de la politique !

Tous les analystes et obser- vateurs de l’évolution des sociétés sont unanimes à reconnaître qu’il y a une crise de la politique. La politique entendue ici comme ce qui est relatif à l’exercice du pouvoir. Cela se traduit tout d’abord par l’éloignement des citoyens des espaces où s’organise la vie poli- tique et par la distance avec les partis qui concourent à l’expres- sion des opinions politiques.

Les taux d’abstentions de plus en plus élevés aux différentes élections, le déclin des partis politiques sont les signes les plus édifiants de cette crise. Pourtant, le niveau d’engagement des citoyens aux dernières élections municipales en Guadeloupe interpelle.

On relève que pour les 32 com- munes concernées, l’engagement de 140 listes comportant 4620 can- didats, ce qui représente une moyenne de 5 listes et 145 candi- dats par commune. Comment expliquer cet écart entre la partici- pation à la vie politique et l’engage- ment dans la compétition électo- rale ? Il faut nous attacher à éclairer cette contradiction si nous voulons donner un sens à la lutte démocra- tique en Guadeloupe.

Tout d’abord, il nous faut démythi- fier les mots et les concepts pour bien comprendre sur quel terrain nous évoluons et pour commencer, expurger la confusion entretenue entre élection et politique.

L’élection n’est pas synonyme de la politique. Participer à une cam- pagne électorale n’est pas le graal de la lutte politique. D’ailleurs, sur les 4600 engagés aux élections municipales combien étaient-ils à affirmer doctement qu’ils ne font pas de la politique ?

Voter est un devoir citoyen, un acte politique individuel, mais la lutte politique ne se résume pas à ce seul geste si important soit-il.

Nous avons précisé dans le der- nier numéro de ce journal que :«…L’élection est un processus qui permet de désigner par le vote d’électeurs, de représentants desti- nés à les représenter ou à occuper une fonction en leur nom…».

L’élection participe donc à la lutte politique mais n’est pas la finalité de la lutte politique. L’article paru dans le numéro du journal dont nous avons fait état développe sur les conditions de son efficacité, nous n’y reviendrons pas.

Les pratiques scandaleuses obser- vées à l’occasion des élections municipales et communautaires, les alliances mafieuses qui se sont manifestées, l’absence de toute perspective d’émancipation hu- maine nous conduisent à ouvrir le débat sur les fondamentaux de la lutte politique en Guadeloupe.

Si l’élection n’est pas la politique, c’est quoi alors la politique ? Depuis les philosophes grecs aux spécia- listes des sciences politiques d’au- jourd’hui, la politique est définie comme un ensemble d’idées, de principes, de pratiques relatif à l’or- ganisation de notre vie, de la cité, de l’Etat et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée avec pour finalité l’émancipation de l’homme et la transformation de la société.

Quels sont les moyens qui sont mis en oeuvre et par quels acteurs pour que cette fonction de la politique soit accomplie.

Les voies pour y arriver ne sont pas les mêmes car la société n’est pas homogène. Elle est traversée de courants de pensées différents et met en opposition des intérêts contraires. C’est à ce stade que se situe la lutte politique.

Pour conduire cette lutte nous nous appuyons sur la philosophie Marxis- te exposée par Karl Marx et Frederik Engels dans le Manifeste du Pari Communiste publié en 1848.

Au coeur de ce Manifeste se trouve cette découverte fondamentale qui a changé le cours historique à l’échelle mondiale et qui continue à mettre en mouvement des millions d’hommes sur toute la planète : «L’histoire de toutes sociétés jusqu’à nos jours n’a été que l’his- toire des luttes de classes».

La lutte de classes est donc le moteur des transformations sociales et doit donc s’exprimer à travers l’action politique.

Pour redonner à la politique sa fonction, il nous faut revenir à la lutte de classes et fermer les portes du théâtre où se joue la négation de la politique avec des mauvais acteurs enchaînés à leurs ambitions malsaines plaquées sur un vide idéologique qui sert toutes les compromissions.