«Papa Rouyo», une nouvelle distillerie en Basse-Terre

En juin, un nouveau rhum gua- deloupéen a fait son apparition chez les cavistes de l"archipel. Son nom, «Papa Rouyo». Une famille de descendants de planteurs de cannes a décidé de se lancer dans la production du nectar si cher au terroir de l"île et c"est un succès puisque les rhums Papa Rouyo sont, aujourd"hui, en rupture de stock.

« Papa Rouyo», c"était mon arrière grand-père. Il est né au début du XX è me siècle et il a transmis à ses enfants puis petits- enfants la passion de la canne et nous sommes, par la suite, devenus planteurs et producteurs de cannes au Moule, et désormais distillateurs. C"est une belle histoire de famille»confie Joris Galli, co-fondateur de la distillerie Papa Rouyo.

A LA SUEUR DE LEURS FRONTS

Mais, pour arriver à un tel résultat, le chemin fut semé d"embûches. «Papa Rouyo» dût se battre durant de nombreuses années pour conserver l"usufruit de ses champs de cannes alors que les proprié- taires souhaitaient les vendre à des tiers. «Ils avaient établi un contrat de colonage ou de métayage qui per- mettait, à l"époque, à mon arrière grand-père de travailler sur des terres qui n"étaient pas les siennes. Or, lors d"une éventuelle vente de celles-ci, il devait être prioritaire pour leurs rachats. Ce qui ne fut pas le cas...».

Dès lors commence une bataille judiciaire de 17 ans au bout de laquelle la famille Rouyo obtient gain de cause et achète les champs

.«Les parcelles, enfin à notre nom, nous pouvions réfléchir à une meil- leure exploitation de la canne»ajoute Joris Gali. En 2015,Joris Galli, son père Judes et deux amis agriculteurs, Jean- Marie Gobardhan et Tim Synésius se réunissent autour d"une table.«Nous souhaitions valoriser notre terroir et l"idée nous ait venu de produire du rhum ! Nous avions cette canne, ce produit d"excellence que nous aimons tant choyé, et il était important pour nous de lui trouver le meilleur des usages». Ils mettent sur pied un projet de distil- lerie qui rassemble 16 hectares de cannes dans le but de créer un rhum fin de dégustation. «Être producteur et distillateur, ce n"est pas le même travail, nous en sommes conscients et c"est pour cela que nous avons mis nos connaissances de l"univers agri- cole et de l"univers de la canne au pro- fit de ce rhum».

Avec l"aide de maîtres canniers, l"équipe de «Papa Rouyo» met en place un certain nombre de procé- dés pour tendre vers un rhum d’ex- ception. «Nous avons opté pour une fermentation longue (entre 35 et 40 heures). Nous avons également mis en place un procédé de distillation discontinue à l"alambic, comme pour l es whiskys écossais, et pour l"éle- vage, nous nous sommes fait accompagner par des oenologues p our choisir nos fûts. De plus, nous réduisons doucement le rhum à l"eau de source, ce qui permet une meilleure intégration eau/alcool et un taux d"alcool de 56°. Notre pre- m ier rhum a pu être présenté en juin et c"était une grande fierté».UNE NOUVELLE PRODUCTIONTRÈS PROCHAINEMENT

«Papa Rouyo» commercialise ses 500 premières bouteilles qui se ven- dent comme des petits pains. «Si je dois présenter le rhum Papa Rouyo, je dirais que c"est un rhum blanc fin, rond et gras. Il a une certaine sucro- sité également. Il s"agirait davantage d"un spiritueux de dégustation».

En effet, Papa Rouyo a pour ambi- tion de présenter une gamme de rhum blanc et rhum vieux très aro- matiques. «Nous aimerions produire des rhums qui se bonifient avec le temps. Pour cela, nous travaillons autour des techniques de vieillis

se- ment pour apporter davantage de saveurs au produit»ajoute Joris Galli. Les rhums Papa Rouyo seront dis- ponibles prochainement chez les cavistes et épiceries fines de l"archi- pel. «Nous avons 800 bouteilles qui sont prêtes et nous aurons une nou- velle cuvée début 2022. Pour les rhums d"assemblage, il faudra patienter encore quelques années».

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