Les communistes américains s'opposent catégoriquement à toute intervention armée en Syrie et refusent un nouvel Irak : «Bas les pattes de la Syrie !»

COMMUNIQUÉ DU PARTI COMMUNISTE DES ETATS-UNIS (CPUSA)

L e Parti communiste des États-Unis (CPUSA) en appel- le à l'ouverture de négocia- tions pacifiques pour mettre un terme à l'impasse politique en Syrie, et insiste sur le fait que le futur gouvernement de ce pays ne pourra être issu que de la seule volonté du peuple Syrien, sans ingérence extérieure.

La situation en Syrie devient de plus en plus violente et périlleu- se. Il n'y a pas seulement une escalade des affrontements armés entre le gouvernement et des factions de l'opposition, mais des signes de plus en plus nets, confirmés par de nombreuses sources, de danger que se développe une forme de guerre par procuration, où le communauta - risme jouerait un rôle important. Nous savons pertinemment com - ment sont recrutés dans les aut - res pays arabes des combattants qui vont en Syrie pour participer au conflit contre le régime d'Assad, comment des éléments d'Al Qaeda font partie de ces recrues, comment des conflits violents sont attisés entre factions religieuses et politiques dans les pays voisins du Liban et de l'Irak, qui s'ajoutent désormais aux griefs et animosités déjà existantes dans ces pays. La région dans son ensemble pourrait s'embraser, et très vite.

Nous entendons parler d'échos préoccupants sur le sort des minorités religieuses en Syrie (non seulement les Alaouites mais aussi des Chrétiens et des Juifs) qui craignent l'avènement d'un régime intolérant, ne respectant pas la diversité des croyances et des coutumes qui peuvent exister dans ce pays à la longue histoire. De récentes actions terroristes, dont les assassinats d'un général et d'un leader religieux et les explosions à Damas, Aleppo et ailleurs, portent la marque du terrorisme d'Al Qaeda. Bien que le gouvernement actuel ait eu recours à des méthodes brutales pour se maintenir et ait réprimé une opposition pacifique, les médias contrôlés par le grand capital ne rendent pas service à la vérité lorsqu'ils cachent, ou omettent de mentionner qu'à côté de manifestations pacifiques légitimes, le tableau de la Syrie actuelle comprend aussi un niveau de violence maintenu par des forces loin de défendre la démocratie et la liberté, et dont les méthodes n'ont que peu à voir avec celles des manifestants courageux qui ont fait tomber les gouvernements Égyptiens etT unisiens. Il n'est pas évident de savoir lequel de ces courants pré - sents au sein de l'opposition Syrienne prendrait le dessus en cas de «changement de régime».

Pour les États-Unis et les puissan - ces de l'OT AN, l'ingérence dans cette situation ne peut que faire empirer les choses, alimenter le cercle de la violence et causer de nouvelles souffrances au peuple Syrien. Nous entendons pourtant parler de «zones d'exclusion aérienne» et de «corridors huma - nitaires» qui, par leur nature même, rendraient inévitables une intervention armée étrangère.

Le Parti communiste des États- Unis soutient ceux qui luttent pour la démocratie et les libertés civiles partout dans le monde, mais nous soutenons également la justice écono- mique et les droits des minorités ethniques, linguistiques et religieuses. Les forces d'oppo - sition syriennes, soutenues par les puissances occidentales, ou dominées par des factions religieuses obscurantistes, ne donneront probablement pas naissance à un régime démo- cratique garantissant les libertés, la justice économique et les droits des minorités.

Le gouvernement Assad propose désormais des changements constitutionnels profonds, qui, si ils étaient mis en œuvre, constitueraient un grand pas en avant pour le peuple Syrien. Ces chan- gements ont été rejetés d'emblée par la presse du capital et les gouvernements occidentaux. Au contraire, le mot d'ordre de «changement de régime» s'est imposé. Il s'agit pour nous d'une évolution négative et d'un pas ver s la guerre civile qui pourrait embraser toute la région. Nous ne som - mes pas non plus satisfaits du mot d'ordre «changement de régime» et la proposition d'armer l'opposition Syrienne qui a été défendue aux Nations unies par l'Arabie saoudite, et d'autres monarchies réactionnaires de la région. Bien que la Syrie ne soit pas une des principales puissances pétrolières, elle est un pays stratégique, et nous ne pouvons pas évacuer la possibilité que la géopolitique du pétrole soit, tout du moins pour partie, à l'origine des velléités d'intervention extérieure.

On pourrait penser que les États-Unis et ses alliés auraient appris de l'Irak qu'u - ne intervention, sous couvert d'«humanitarisme», dans les luttes internes d'un autre pays mène tout droit au désastre. La nature du gouvernement Syrien est du ressort exclusif du peuple Syrien, sans ingérence extérieure. Plutôt que d'apporter leur soutien à des factions Syriennes, les États- Unis devra ient avoir une poli- tique de non-intervention, et appuyer la résolution par la voie négociée pacifique.

Nous appelons les membres et les sympathisants de notre parti à s'adresser à l'adminis - tration Obama et à leurs représentants au Congrès : «Bas les pattes de la Syrie !».