JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES Hommage à Rosane Paul

Madame Rosane Paul Laurent fait partie des très nombreuses femmes communistes qui se sont trouvées depuis 1944 dans le combat contre la misère ambiante, l’oppression coloniale, l’analphabétisme, l’obscurantisme, la fraude électorale, pour l’application en Guadeloupe des lois sociales en vigueur en France et l’émancipation de la femme. Militante active jusqu’à sa mort, poétesse de talent (médaille d’or aux Jeux floraux), mère de famille accomplie, elle demeure un exemple pour tous ceux qui aspirent à une Guadeloupe forte, émancipée, prospère et fraternelle. Au nom de l’Union des Femmes Guadeloupéenne, j’adresse ce clin d’oeil à Rosane Paul Laurent, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

Du temps s’est écoulé, voilà déjà 18 ans que tu nous as quittés, et ton souvenir Rosane reste vivant dans ma mémoire, dans la mémoire de bon nombre de femmes de l’Union des Femmes Guadeloupéennes (UFG) que tu as côtoyées.
Rosane Paul, cette femme petite par la taille, mais grande et forte dans sa tête. Animée de cette force de caractère, elle a su affronter avec courage le danger, la souffrance, les circonstances difficiles rencontrées dans sa vie de femme, de mère, de travailleuse. Animée de cette force de caractère, tout au long de sa vie, elle a su mener avec ardeur, énergie des actions revendicatives au sein de l’UFG en faveur de :
- La sauvegarde de notre personnalité guadeloupéenne
- La promotion des femmes, leur intégration dans la vie économique politique et sociale
- L’amélioration des conditions de vie des familles
- La défense des droits de l’enfant
- La lutte contre la fraude électorale
- La solidarité avec les femmes du monde entier, avec les femmes guadeloupéennes en lutte pour sauvegarder leur outil de travail
Son action se situe bien en amont avec l’organisation et la mise en place de la Fédération guadeloupéenne de l’Union des Femmes de France (UFF), dès 1946, aux côtés de Gerty Archimède, entourée de femmes telles : Marcelle Testevin de la commune de Morne-à-l’Eau, Charlotte Mompierre du Moule, Sorel Bellemare, Marcelle Lancre-rot, Isberthe Coutil de Pointe-à-Pitre et bien d’autres, de Basse-Terre, Petit-Bourg, Pointe-Noire, Capesterre Belle-Eau, Port-Louis.
Leur volonté commune de mettre sur pied une organisation féminine, typiquement guadeloupéenne se concrétisa avec le congrès du 17 juin 1958 qui scella le devenir de l’Union des Femmes Guadeloupéennes avec une première présidente, en la personne de Huguette Daninthe. Lui a succédé, Mmes Georges Tarer, Rafaëlla Gène, Anita Turlet.
A la suite du décès d’Anita Turlet, Rosane Paul assura la présidence de l’UFG accompagnée dans cette tâche par Pauline Ibéné. Rosane Paul conduisit l’UFG de main de maître jusqu’au congrès de 1996 qui consacra Pauline Ibéné, présidente de l’UFG.
Pendant toutes ces années aux cours desquelles j’ai côtoyé Rosane Paul, elle a été une femme gaie, qui n’hésitait pas à s’habiller avec le costume créole riche en couleurs, aimant chanter déclamer des poè-mes de son propre cru, certaines fois puisqu’elle-même poétesse lauréate plusieurs fois et organisatrice des Jeux floraux de la Guadeloupe.
De par son métier d’infirmière d’abord à l’hospice Saint-Jules puis à l’hôpital général, puis conseillère municipale à Pointe-à-Pitre, son coeur débordait de générosité envers ses compatriotes nécessiteux et attirait la sympathie et l’amitié.
Son action au sein du comité de Pointe-à-Pitre aux côtés de Julia Cipolin a été très appréciée des nombreuses femmes qui étaient adhérentes à l’époque.
Au comité directeur, elle était aussi de bons conseils et était une fervente défenseuse des veillées de l’amitié organisées à la veille de la tenue des journées internationales des femmes. Ces veillées étaient l’occasion pour l’UFG de manifester sa solidarité agissante envers les femmes de Guadeloupe en lutte pour un mieux-être, des femmes de la Caraïbe, des fem-mes du monde en général.
Je la vois encore se démenant sans compter pour la réussite du bal de Madras, des rallyes, des congrès, des remises de cartes des assemblées générales, en tête aussi des protestations contre les injustices à travers le monde et chez nous, autant de manifestations qui rythmaient la vie de notre organisation.
Rosane Paul, notre amie fait partie des pionnières et membres actifs de l’UFG qui savait communiquer son enthousiasme et son amour pour cette organisation, l’unique en son genre qui a contribué indéniablement aux beaux jours du militantisme des femmes guadeloupéennes pour leur épanouissement et le mieux-être de leur famille, le progrès du pays Guadeloupe.
L’UFG sans Rosane et bien d’autres subsistent et comptent beaucoup sur la génération actuelle pour se redéployer, se donner un nouvel élan dans notre temps.
A Rosane, femme forte et courageuse, mère admirable, femme honnête et fidèle à ses convictions jusqu’au bout. Honneur et respect !