Les BRICS en pleine croissance

Le 15e sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’est tenu du 22 au 24 août 2023 à Johannesburg en Afrique du Sud.

Les pays membres s''y accordent sur le principe d''une ex-pansion comprenant six pays : (Argentine, Iran, Égypte, Éthiopie, Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis) devant rejoindre le groupe au 1er janvier 2024.
CES ONZE PAYS PÈSENT ENSEMBLE PRÈS DE 30%
DU PIB MONDIAL
«L''objectif des BRICS est claire c’est de créer un groupe puissant sur la scène mondiale pour compenser des organismes internationaux comme Il''ONU, le G7, voire le G20. C''est la Chine qui pousse à élargir avec une stratégie plus politique qu''économique. Le but est de faire un contre-poids à l''ordre mondial».
«L''adhésion des 6 pays prendra effet à compter du 1er janvier 2024», a déclaré Matamela Cyril Ramaphosa, président d''Afrique du Sud, lors d''une conférence de presse conjointe des dirigeants des cinq nations qui composent actuellement le bloc, se félicitant que «les BRICS entament un nouveau chapitre».
DES ENTRANTS AVEC
DES ATOUTS ÉCONOMIQUES VARIÉS
À 11, les BRICS représenteront 29% du PIB mondial, trois points de plus seulement qu''à 5. Il faut dire que les nouveaux venus ne sont pas des mastodontes sur la scène économique mondiale. À l''exception de l''Afrique du Sud, aucun des membres originels des BRICS n''est bousculé par les nouveaux entrants. Le mieux classé, l''Arabie saoudite se place 5e sur 11, mais avec un PIB (Produit Intérieur Brut) quasiment deux fois inférieur à celui du 4e, le Brésil.
Ensemble, ces 11 pays représentent 46% de la population mondiale, soit un marché et des débouchés uniques au monde. À condition que ces pays puissent surmonter leurs stratégies individuelles, car contrairement à d''autres alliances comme l''Union européenne ou le Mercosur, il n''y a pas d''accord de libre-échanges ou de réductions des barrières douanières entre les pays membres des BRICS.
D’après Laurence Daziano, enseignante à Science Po, l''intérêt économique de cet élargissement est limité. Mais en termes politiques, la donne pourrait changer. Ce nouveau «club» vise d''abord à offrir une vision alternative mondiale sur le plan politique et sociétale.
UNE VOLONTÉ DE
DÉDOLLARISATION ?
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, lors du sommet a préconisé jeudi 24 août, d’avancer dans le processus de dédollarisation de l’économie mondiale dans le contexte de la naissance d’un nouvel ordre mondial.
Il a aussi exhorté les autres pays à se joindre à la dédollarisation «face à l’utilisation aveugle et abusive de la monnaie nord-américaine comme mécanisme de guerre économique contre les peuples libres du monde».
Il a proposé «la configuration d’une nouvelle architecture financière qui permette d’effectuer des transactions par des moyens physiques et numériques innovants, avec un large panier de monnaies nationales». Le président Maduro a également souligné l’importance pour les pays en développement d’accéder à de nouvelles formes de financement qui contribuent à la reprise et à la croissance des économies.
«À terme, les BRICS pourraient devenir un forum politique pour porter une autre vision du monde et offrir une alternative aux valeurs américaines ou européennes».
Extraits tirés der BFM Business