Le crash aérien de Caracas du 3 décembre 1969 resté non élucidé !

Le 3 décembre 1969, il y aura bientôt 50 ans, le Boeing 707-328 B, dé- nommé Château de Kerjean, imma- triculé F-BHSZ de la Compagnie Air France, s’écrasait en mer des Caraï- bes au large du Port de La Guaira, à environ 3,5km de la côte, alors qu’il n’avait quitté l’aéroport de Caracas -Maiquetia que depuis 1 minute 20 secondes puisqu’il avait décollé à 19h02. Les premiers témoins ont vu l’avion «entouré d’une vive lumière avant de s’abimer en mer». 62 per- sonnes ont péri dans le crash du Vol AF 212 qui avait quitté le Chili, avait fait escale au Pérou et en Colombie avant de décoller de Caracas pour Le Raizet. Parmi ces victimes, Euvremont Gène, Secrétaire général du PCG qui laissait effondrée son épouse Raphaëlla, devenue plus tard, prési- dente de l’UFG, avec ses trois enfants en bas âge, Alex, Camille et Odette ainsi que son fils aîné Paul qui a eu la pénible tâche de se ren- dre au Venezuela pour tenter d’identifier la dépouille de son père. Euvremont Gène était un militant guadeloupéen mais aussi un diri- geant reconnu sur la scène interna- tionale dans le mouvement com- muniste et révolutionnaire.En com- pagnie de son camarade martini- quais Dolor Banidol, il revenait du Congrès du Parti Communiste Chilien qui avait consacré l’alliance de l’Unité Populaire qui allait conduire Salvador Allendé à la prési- dence de son pays dans un contexte de relations internationales tendues. La liste des passagers, à notre connaissance, ne comportait pas d’autres personnalités politiques publiquement affichées. Mais le drame a frappé 62 familles de pas- sagers ou de membres d’équipage. Elles n’ont jamais su les raisons qui ont provoqué la catastrophe. En Guadeloupe, un hommage a été rendu à Euvremont Gène par ses camarades et amis. Honneur devra continuer à lui être rendu par l’opi- nion qui doit être informée de son oeuvre et de sa vie.

LE COMITÉ PRENDRA DES INITIATIVES EN CE SENS

Mais, partageant la volonté d’autres proches de victimes, le Comité Euvremont Gène demande que la vérité soit faite sur les causes réelles du crash. La mort brutale de Euvremont Gène, dirigeant com- muniste, a d’emblée suscité des interrogations et est apparue sus- pecte pour ses camarades. Le journal «El tiempo de Bogota», avançait dès le 4 décembre, un«possible atentado». Mais aucun élément de preuve n’était alors accessible. D’autant, qu’il s’agis- sait du troisième accident d’un Boeing d’Air France sur la liaison Santiago du Chili-Paris. Le premier était survenu le 22 juin 1962 à Deshaies et avait causé la mort de 10 membres d’équipage et de 103 passagers dont les anti colonialistes Justin Catayée, dépu- té de la Guyane et Albert Béville, un des fondateurs du Front pour l’Autonomie. Le rapport d’enquête sur ce premier accident, a été long- temps classé confidentiel, ce qui a conforté les suspicions d’attentat que n’ont pas tout à fait dissipés les travaux et le rapport de la Commission d’information et de recherche historique dit «Rapport Stora» déposé le 24 octobre 2016. Il s’agit aujourd’hui, pour le Comite´Euvremont Gène, de rappeler ou de faire connaître à l’opinion publique la catastrophe du 3 décembre 1969 à Caracas et de faire surgir la vérité jusqu’ici enfouie.

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